Environnement

La marée noire pourrait être la pire de l'histoire des Etats-Unis

oil_spill_topLa marée noire qui continue de s'étendre dans le golfe du Mexique pourrait devenir la pire de l'histoire des Etats-Unis, 21 ans après le naufrage de l'Exxon Valdez en Alaska. Après la Louisiane, l'Alabama, le Mississippi et la Floride, en allant vers l'est, pourraient être atteints d'ici lundi.

Les quatre Etats ont décrété l'état d'urgence. La nappe s'étend désormais sur plus de 210km de long et 110km de large. Le vent violent et la mer agitée tout le week-end pourraient pousser les hydrocarbures plus profondément dans les anses, étangs, criques, et lacs qui bordent le sud-est de la Louisiane, atteinte jeudi soir.

Les autorités de Louisiane ont ouvert des vannes du fleuve Mississippi, espérant provoquer un afflux d'eau dans le delta qui repousserait la nappe vers le large, mais le vent du Sud a annihilé leurs efforts.

Vendredi soir, Jane Lubchenco, à la tête de l'Administration nationale des océans et de l'atmosphère (NOAA) a rencontré des habitants en Louisiane et notamment des pêcheurs. "Nous sommes très inquiets pour vous et votre subsistance", a-t-elle dit.

L'armée est mobilisée aux côtés des autorités régionales mais les conditions météorologiques compliquaient la tâche. La mer était trop agitée et le vent soufflait trop fort pour brûler l'hydrocarbure, l'aspirer avec des navires spécialisés ou le tenir à distance des côtes avec des barrages flottants constitués de bouées oranges et jaunes. Ces lignes sont cassées par les vagues, qui projettent le pétrole par-dessus. BP tente depuis vendredi d'utiliser des produits chimiques pour casser les molécules de pétrole à la sortie du puits.

La Louisiane a fermé plusieurs zones de pêche et d'ostréiculture pour éviter une contamination. La flore particulière et les centaines d'espèces animales, des oiseaux aux dauphins en passant par le poisson, les crevettes et les huîtres, sont menacés sur la côte du golfe du Mexique.

Vendredi, une équipe de sauveteurs a reçu son premier oiseau mazouté, un fou de bassan normalement blanc, recouvert d'une épaisse huile noire.

Au moins six millions de litres de pétrole se sont déversés depuis l'explosion d'une plate-forme exploitée par British Petroleum à 80km des côtes le 20 avril, selon les estimations des garde-côtes. L'amiral Mary Landry a jugé peu crédibles des évaluations allant jusqu'à 34 millions de litres.

Mais le puits situé à 1.500m de profondeur continue de cracher 760.000 litres de brut par jour. A ce rythme, la catastrophe pourrait dépasser la marée noire causée par le naufrage du cargo Exxon Valdez dans l'Alaska en mars 1989: en deux mois, 42 millions de litres de brut s'étaient répandus dans les eaux du détroit du Prince William.

BP écrivait pourtant dans un document daté de février 2009 présentant le puits Deepwater Horizon et déposé au Service fédéral de la gestion des ressources minérales (MMS), qu'il était "improbable qu'un déversement accidentel de pétrole en surface ou dans le sous-sol se produise du fait des activités proposées". Et si cela devait néanmoins arriver, poursuit le groupe, "étant donné la distance au littoral et les capacités de réaction qui seraient mises en oeuvre, aucun impact négatif significatif n'est attendu".

La cause de l'explosion fait l'objet d'une enquête, mais une bonne partie de la grosse vingtaine de plaintes déposées en fait porter la responsabilité à des ouvriers du groupe de service Halliburton, sous contrat avec BP, qui n'auraient pas correctement fermé le puits. Halliburton réfute ces allégations. Une étude de 2007 du MMS mettait en cause la cimentation du bouchon du puits dans 18 des 39 cas d'explosion dans le golfe du Mexique entre 1992 et 2006.

Des équipes ont tenté en vain de fermer la valve du puits sous-marin de Deepwater Horizon, à l'aide de véhicules télécommandés, tandis que d'autres creusent un puits secondaire pour injecter de la boue et du ciment pour colmater la fuite, ce qui pourrait prendre trois mois.

Le secrétaire de l'Intérieur Ken Salazar a exhorté BP à lutter plus efficacement contre la catastrophe et a promis que "ceux qui sont responsables rendront des comptes". Barack Obama lui a demandé un rapport sous 30 jours sur les technologies nécessaires pour renforcer la sécurité des forages en haute mer. En attendant, tous les projets sont suspendus.

"Que ce soit clair: je continue de penser que la production domestique de pétrole est une part importante de notre stratégie générale de sécurité énergétique, mais j'ai toujours dit que cela devait être fait de façon responsable pour la sécurité de nos travailleurs et de notre environnement", a insisté le président vendredi soir.

 

Source : AP

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